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RSE et marchés publics : préparez vos PME pour 2026

2 juin 2026 par
Adrien Volza

RSE et marchés publics 2026 : comment les entreprises peuvent transformer leur responsabilité sociétale en avantage concurrentiel

La RSE (responsabilité sociétale des entreprises) prend une nouvelle place pour les entreprises avec l’évolution des marchés publics à partir du 21 août 2026 : les acheteurs devront intégrer au moins un critère environnemental dans l’analyse des offres, en plus du prix, et tenir compte d’enjeux sociaux et environnementaux dans leurs marchés. Cette évolution s’inscrit dans le développement durable et renforce la responsabilité sociale de chaque organisation vis‑à‑vis de la société, de l’environnement et de ses parties prenantes : les pratiques, l’impact des activités et la manière dont les entreprises mettent en œuvre leur démarche RSE deviennent des éléments essentiels de performance.

Définition de la RSE et responsabilité sociétale des entreprises

La RSE désigne la responsabilité des entreprises vis‑à‑vis des effets de leurs décisions et de leurs activités sur la société, l’environnement et les parties prenantes, en intégrant des préoccupations sociales et environnementales dans la stratégie et la gouvernance. On parle de responsabilité sociétale des entreprises ou de responsabilité sociale de l’entreprise lorsque l’organisation prend en compte, de manière volontaire, les enjeux sociaux, environnementaux et économiques dans ses pratiques au quotidien, au‑delà des seules obligations légales.

Cette définition s’inscrit dans le cadre plus large du développement durable : il s’agit de concilier développement économique, progrès social et protection de l’environnement, en créant de la valeur à long terme pour l’entreprise et pour la société.

Les piliers clés de la démarche RSE dans les entreprises

Une démarche RSE structurée repose généralement sur plusieurs piliers qui couvrent les principaux enjeux sociaux et environnementaux des organisations.

Pilier social : salariés, conditions de travail et droits humains

Ce pilier concerne les salariés, les conditions de travail, la santé et la sécurité, la formation, le dialogue social et le respect des droits humains au sein de l’entreprise et de sa chaîne de valeur. Il vise à améliorer le climat de travail, réduire les risques sociaux et renforcer les relations avec les collaborateurs et les autres acteurs internes.

Pilier environnemental : impact des activités et protection des ressources

Le pilier environnemental s’intéresse à la manière dont les activités de l’entreprise affectent l’environnement : consommation de ressources, émissions de gaz à effet de serre, gestion des déchets, préservation de la biodiversité, etc. Les pratiques mises en place peuvent inclure la réduction de la consommation d’énergie, la protection de l’eau et des sols, ou encore l’écoconception des produits pour limiter l’impact environnemental.

Pilier gouvernance : parties prenantes, transparence et responsabilité

Ce pilier touche à la gouvernance et à la place donnée aux parties prenantes dans la prise de décision : transparence des informations, éthique des affaires, lutte contre la corruption, qualité des relations avec les clients, les fournisseurs et les autres acteurs du territoire. Une bonne gouvernance RSE permet de clarifier les responsabilités, de mieux gérer les risques et d’aligner les objectifs économiques avec les objectifs sociaux et environnementaux.

Norme ISO 26000 : un cadre volontaire pour structurer la responsabilité sociétale des entreprises

La norme ISO 26000 propose un cadre de référence pour la responsabilité sociétale des entreprises : elle décrit les grands domaines dans lesquels les organisations peuvent agir (gouvernance, droits de l’homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, engagement sociétal). ISO 26000 est une norme volontaire : il ne s’agit pas d’une certification obligatoire, mais d’un outil pour aider les entreprises à mettre en place, pas à pas, une stratégie RSE cohérente avec leurs enjeux, leur secteur et leurs ressources.

En pratique, les entreprises peuvent s’en servir pour cadrer leur démarche, identifier les questions clés à traiter, structurer leurs actions et définir des objectifs mesurables en matière de responsabilité sociétale.

RSE, marchés publics et développement durable : quels enjeux pour les organisations en 2026 ?

Dans les marchés publics, la RSE n’est plus seulement un discours : les critères sociaux et environnementaux prennent une place de plus en plus importante dans les appels d’offres. À partir du 21 août 2026, un critère environnemental devra obligatoirement être intégré dans l’attribution des marchés, ce qui signifie que le prix ne pourra plus être le seul critère déterminant.

Les organisations qui savent démontrer l’impact positif de leurs pratiques sur l’environnement et la société, la qualité de leurs relations avec les parties prenantes et la cohérence de leur politique RSE auront un avantage concurrentiel pour répondre aux marchés publics. Celles qui ne peuvent pas expliquer leur démarche ou leurs actions en matière de développement durable risquent au contraire de voir leur performance dégradée dans les évaluations des acheteurs.

Les risques pour les entreprises qui ne mettent pas en œuvre une démarche RSE

Ne pas intégrer la RSE dans la stratégie et dans les réponses aux marchés publics expose les entreprises à plusieurs risques :

  • une note insuffisante sur les critères sociaux et environnementaux, malgré un bon prix ;

  • une incompréhension des nouvelles obligations liées à la responsabilité sociétale et aux marchés ;

  • une valeur perçue plus faible auprès des clients, des acteurs publics et des autres parties prenantes ;

  • davantage de risques juridiques, réputationnels ou opérationnels liés à des pratiques peu responsables.

À l’inverse, une démarche RSE claire, alignée avec la stratégie de l’entreprise et bien mise en œuvre, permet de mieux maîtriser ces risques, de renforcer la performance globale et de répondre aux questions des acheteurs sur les enjeux sociaux et environnementaux.

Comment mettre en place une démarche RSE adaptée aux marchés publics

Mettre en place une démarche RSE ne revient pas à transformer toute l’organisation en une seule fois. Il s’agit plutôt d’une mise en œuvre progressive, alignée sur les activités, le secteur, les obligations et les ressources de l’entreprise.

Construire un plan d’action RSE étape par étape

Un bon point de départ consiste à élaborer un plan d’action structuré, avec des objectifs réalistes et des actions concrètes :

  • analyser les activités de l’entreprise, ses enjeux et ses risques sociaux et environnementaux, en lien avec son secteur ;

  • définir une stratégie RSE simple, cohérente avec les attentes des clients, des marchés publics et des parties prenantes ;

  • mettre en place des actions prioritaires (amélioration des conditions de travail, éco‑gestes, achats responsables, meilleure gouvernance, etc.) ;

  • suivre la performance grâce à quelques indicateurs clés pour démontrer l’impact des actions auprès des parties prenantes.

En pratique, une démarche RSE efficace passe par un plan d’action clair qui accompagne la transition écologique de l’entreprise, renforce la protection de l’environnement et des droits humains, et prend en compte l’impact sur les humains au travail. La réalisation d’un premier bilan carbone peut représenter un bon investissement pour mesurer les progrès, démontrer les bénéfices de la responsabilité sociétale des entreprises et répondre plus facilement aux attentes des marchés publics.

Impliquer les parties prenantes : salariés, clients et autres acteurs

Pour être crédible, la RSE doit être portée par l’organisation dans son ensemble : direction, salariés, représentants du social de l’entreprise, clients, fournisseurs, acteurs locaux. Impliquer ces parties prenantes dans la conception et la mise en œuvre des actions permet de mieux identifier les enjeux, d’ajuster les pratiques au terrain et de répondre aux préoccupations concrètes de ceux qui vivent les décisions au quotidien.

Les bénéfices de la RSE pour la performance et la valeur des entreprises

Une politique RSE cohérente n’est pas seulement une réponse aux obligations des marchés publics : elle améliore la performance globale des entreprises. En intégrant la responsabilité sociétale dans la stratégie, les organisations peuvent optimiser l’utilisation de leurs ressources, renforcer l’engagement des salariés, mieux gérer les risques et créer davantage de valeur à long terme pour leurs clients et pour la société.

La RSE devient ainsi un levier de différenciation : dans un environnement concurrentiel, la prise en compte transparente des enjeux environnementaux et sociaux peut faire la différence au moment de l’attribution d’un marché ou du choix d’un fournisseur. Pour les entreprises qui répondent aux marchés publics, une démarche RSE bien expliquée est souvent un élément clé pour convaincre les acheteurs que leur impact est réellement positif.

FAQ – RSE, entreprises et marchés publics

La RSE est‑elle obligatoire pour toutes les entreprises ?

La RSE reste en grande partie volontaire, même si certaines obligations se renforcent selon la taille, le secteur ou la réglementation (comme la directive CSRD). Dans les marchés publics, la prise en compte de critères sociaux et environnementaux devient cependant de plus en plus systématique, ce qui rend la démarche RSE quasi incontournable pour rester compétitif.

La norme ISO 26000 est‑elle obligatoire pour répondre aux marchés publics ?

Non, ISO 26000 n’est pas une obligation. C’est une norme volontaire qui fournit un cadre et des repères pour structurer la responsabilité sociétale des entreprises. Une PME peut mettre en place une démarche RSE crédible sans certification, à condition de décrire clairement ses objectifs, ses actions et ses résultats.

Comment prouver sa démarche RSE dans un dossier de marché public ?

Il est utile de préparer un “dossier RSE” avec les éléments clés : engagements écrits, politique RSE, plan d’action, indicateurs de performance, exemples d’actions mises en œuvre, début de bilan carbone, preuves en matière de droits humains ou de conditions de travail. Ces documents facilitent la prise en compte de la démarche RSE par les acheteurs et répondent aux questions sur l’impact des activités sociales et environnementales de l’entreprise.